Amatora mu Mahoro: Système de monitoring des principes démocratiques et de prévention de la violence électorale 3e

Résumé

Le troisième rapport Amatora Mu Mahoro (AMM), présente une analyse des incidents et des indicateurs de violence électorale, ainsi que des initiatives de paix, survenus sur l’ensemble du territoire du Burundi pendant la période du 31 mai au 4 juillet 2010. L’analyse faite des données fournies par les Points focaux du projet AMM permet de conclure que la fréquence des incidents dans les provinces a diminué, passant de 262 cas d’incidents répertoriés dans le second rapport (période du 26 avril – 30 mai) à 180 pour le présent rapport. La localisation de ces incidents reste principalement dans les mêmes provinces que lors de la période précédente : il s’agit de Bujumbura, Bujumbura Mairie, Bubanza, et Gitega. Paradoxalement, les initiatives de paix n’ont pas augmenté, qui auraient pu justifier la réduction du nombre d’incidents (312 initiatives de paix contre 647 pour la période précédente).

Analyse des incidents de violence électorale liés aux enjeux électoraux 180 incidents de violence électorale ont été recensés, contre 262 pour la période précédente. Il s’agit majoritairement de destruction de propriété (40 cas), de tentatives de meurtre (38 cas), et d’actes d’intimidation (31 cas). Signalons également que durant cette période 6 cas de meurtres à motivation politique ont été recensés. Les provinces comptant le plus d’incidents de violence sont Gitega, Bujumbura Mairie et Bujumbura rural. Sur les sept catégories d'auteurs, les partis politiques sont principalement responsables (54%) des incidents de violence, suivis de la police (18%). En comparaison avec le 2ème rapport, les incidents de violence causés par les partis politiques ont diminué; ceux causés par la police se sont accrus. Cela pourrait s’expliquer pas les interventions de ces derniers dans les manifestations contestataires.

Analyse des indicateurs de violence électorale Sur 129 communes, 3 communes sont jugées fragiles : les communes de Kabezi à Bujumbura Rural, de Gihosha et de Kamenge à Bujumbura Mairie. Ce sont les deux provinces où on a pu observer une plus grande disparité des résultats des élections communales, ainsi que la présence d'une grande diversité de partis politiques. Notons également que Kamenge, qui fut le théâtre d’affrontements entre l’armée et les différents mouvements rebelles, demeure aujourd’hui un foyer de tension. La commune de Kabezi compte également un nombre important d'incidents dont un meurtre. C’est enfin dans les provinces de Bujumbura Mairie, Bujumbura rural, Cibitoke et Muyinga où circulent, d’après les Points focaux, le plus de rumeurs sur la prolifération d’armes légères.

Analyse des initiatives de paix 312 initiatives de paix ont été recensées pour cette période contre 647 pour la période précédente. Le nombre des initiatives de paix a sensiblement diminué; néanmoins les activités de sensibilisation civique et électorale, et les messages de paix des leaders locaux (confessions religieuses et Bashingantahe) gardent, pendant la période encourue, une place importante et correspondent respectivement à 35% et 26% des initiatives de paix. Les initiatives prises par la société civile et les acteurs internationaux pour le rapprochement entre les parties et la relance du dialogue, pendant la période couverte par le présent rapport, sont importantes. Toutefois, des efforts restent à fournir afin d’éviter que le conflit électoral actuel ne mette en péril la stabilité politique et les acquis du processus de paix.