Amatora mu Mahoro: Système de monitoring des principes démocratiques et de prévention de la violence électorale 4

Résumé

Le quatrième rapport Amatora Mu Mahoro (AMM), présente une analyse des incidents et des indicateurs de violence électorale, ainsi que des initiatives de paix, survenus sur l’ensemble du territoire burundais pendant la période du 5 juillet au 15 août 2010.

L’analyse faite des données fournies par les Points focaux du projet AMM permet de conclure que la fréquence des incidents de violence dans les provinces a diminué, passant de 180 cas d’incidents répertoriés dans le troisième rapport (période du 31 mai au 4 juillet) à 45 pour le présent rapport. La localisation de ces incidents reste principalement dans les mêmes provinces que lors de la période précédente : il s’agit de Bujumbura rural, Bujumbura Mairie, Gitega et Bururi. Aussi, le nombre d’initiatives de paix organisées pendant la période a diminué (177 initiatives de paix contre 312 pour la période précédente).

Analyse des incidents de violence électorale liés aux enjeux électoraux
45 incidents de violence électorale ont été recensés, contre 180 pour la période précédente. Il s’agit majoritairement d’actes d’intimidation (11 cas), de manipulation des électeurs pour influencer le vote (7 cas), de détention arbitraire (5 cas) et de tentatives de meurtre (5 cas). Durant cette période, signalons également que 3 cas de meurtres à motivation politique ont été recensés.

Les incidents de violence répertoriés se concentrent dans les provinces de Bujumbura Mairie, Bujumbura Rural, Gitega et Bururi. Ces quatre provinces totalisent à elles seules 30 incidents, soit 67%. Sur les sept catégories d’auteurs d’incidents de violence que nous avons pu identifier pour la période, la majorité sont des membres des partis politiques avec 14 cas sur 45 incidents (soit 31%) et la police avec 6 cas (soit 13%). Les partis politiques, auteurs des incidents de violence sont principalement le parti CNDD FDD avec 10 cas (67%) et le FNL avec 3 cas (20%).

Analyse des indicateurs de violence électorale
S’agissant des valeurs des indicateurs de violence, 4 communes sont jugées fragiles, contre 3 pour la période précédente. Les quatre communes jugées fragiles, sont les communes de Kamenge à Bujumbura Mairie, de Kabezi à Bujumbura Rural, de Gihanga dans la province de Bubanza et de Murwi dans la province de Cibitoke. En comparaison avec la période du 31 mai au 4 juillet, les communes de Kamenge et de Kabezi étaient déjà classées dans la catégorie des communes jugées fragiles, tandis que les communes de Gihanga et de Murwi étaient jugées moyennes. De plus, il y a 17 communes jugées moyennes contre 20 pour la période précédente. Parmi les 17 communes jugées moyennes pour cette période, 7 sont dans la Mairie de Bujumbura (soit 41 %).

Analyse des initiatives de paix
177 initiatives de paix ont été recensées pour cette période contre 312 pour la période précédente. Le nombre des initiatives de paix a sensiblement diminué. Comme pour la période précédente, les messages de paix des leaders locaux gardent une place importante avec 38% (68 initiatives de paix). Les organisations religieuses et les églises sont à l’origine de la moitié des initiatives de paix organisées pendant cette période, avec 88 initiatives sur 177 (soit 50%).

Les initiatives autour de la résolution des conflits et de la cohabitation pacifique entre différents groupes politiques sont au nombre de 49, parmi lesquelles 18 sont spécifiquement adressées aux femmes et 9 aux jeunes. Les activités d’éducation civique et électorale ont considérablement diminué passant de 87 à 34. Ce type d’activité s’est concentré en début de processus électoral et semble moins pertinente une fois que les principaux scrutins ont eu lieu.

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