Burundi: Rapport d Evaluation Pre-Electorale, avril 1992

COMPENDIUM EXECUTIF

Le vent de la démocratie qui souffle sur le continent africain à également touche le Burundi, petit pays. Cette tendance, d'ampleur continentale, alliée à une résurgence de violence ethnique en 1988, a amène le gouvernement du président Buyoya à orienter le pays, arme d'un engagement renouvèle, sur le chemin de l'unité et de la réconciliation nationales par le truchement d'un mécanisme de transition vers une démocratie multipartite.

 En 1989, le président Buyoya a charge une Commission nationale d'étudier la question d'unité nationale. Le rapport de cette dernière est devenu le point de mire des débats de différentes questions reliées entre elles, de conflit ethnique et de démocratie. La Charte d'unité nationale découlant de ces débats à été ratifiée à l'écrasante majorité, par les citoyens du Burundi, lors d'un referendum en 1991. L'élan du changement a continue par la rédaction du projet d'une nouvelle Constitution, légalisant les partis politiques d'opposition, ratifiée lors d'un referendum national en mars 1992. Au début du mois d'avril 1992, l'on a nommé un Premier ministre ainsi qu'un gouvernement de transition. L'on prévoit l'adoption par le gouvernement de transition, bientôt, de lois autorisant l'inscription de partis politiques, et des élections multipartites législatives et présidentielles se tiendront d'ici le début 1993.

En dépit d'une indéniable progression vers une réconciliation et une démocratie nationales, il reste de nombreux problèmes à résoudre. Selon certains groupes politiques, le gouvernement de transition n'est qu'une tentative cosmétique par rapport au gouvernement précédant, domine par le parti unique au pouvoir, l'UPRONA. De fait, le gouvernement de transition, tout en regroupant une gamme plus diverse d'élites politiques, continue une férule par décret, à la participation ou au contrôle populaires minimes. Les relations entre ethnies restent très tendues, comme le démontre la reprise de la violence entre les principaux groupes ethniques en novembre 1991. Les organisations internationales des droits de l'Homme continuent de recevoir des accusations d'exactions à l'encontre des droits de l'Homme du gouvernement, des instances de sécurité et des forces de l'ordre. Les lois existantes, et même la nouvelle Constitution et la Channe de l'unité nationale, stipulent des limites de la liberté politiques qui pourraient s'avérer être au détriment de la création d'une démocratie multipartite veritable.

A la fin mars, début avril 1992, une équipe de spécialistes électoraux, de la "International Foundation for Electoral Systems" (Fondation internationale pour les systèmes électoraux - IFES) s'est rendue au Burundi, à l'invitation du gouvernement du Burundi et de l'ambassade des Etats-Unis II Bujumbura, afin d'effectuer une évaluation pré-électorale. Cette mission d'évaluation a été financée par la "U.S. Agency for International Development" (Organisme des Etats-Unis pour le développement international - US AID). L'équipe d'évaluation de l'IFES comprenait un responsable électoral canadien de l'Alberta, un parlementaire hollandais et un économiste politique américain. L'arrivée de l'équipe de l’IFES, trois semaines âpres le referendum ratifiant la nouvelle Constitution, mais avant la promulgation d'une nouvelle loi légalisant et régissant les partis politiques, s'est située au Burundi a un moment crucial de l'Histoire du Burundi. L'engagement rhétorique envers la démocratie de toutes les personnes rencontrées par l'équipe était puissant. Il restait cependant de nombreuses étapes à accomplir pour transformer cet engagement oratoire en réalité. L'équipe de I'IFES, aussi bien pendant son séjour qu'au sein du présent rapport d'évaluation pré-électorale, a avance un certain nombre de recommandations d'actions qui, a son sens, permettront d'assurer l'enracinement de la démocratie au "Burundi et le déroulement effectif d'élections multipartites législatives et présidentielles libres et équitables.

 

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