Preparatifs en vue des consultations populaires devant avoir lieu au Mali entre le 1st decembre 1991 to le 20 janvier 1992

Publication Date: 
20 Nov 1991

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Sommaire

Depuis mars 1991 le Mali est dans une période de transition vers sa 3eme République. Lors d'une rencontre récente avec les dirigeants des Partis politiques le président Amadou Toumare Toure (ATT) exprimait l'idée suivante "Vous êtes presses de venir au pouvoir et nous nous sommes presses d'en sortir"; cette expression explique bien la position des uns et des autres face a cette période de transition vers la 3eme République.

Au mois de juin dernier une équipe de l’IFES, dont j'étais membre, se rendait au Mali afin d'y faire une étude technique sur l'état de la situation pour préparer et diriger une élection démocratique sous le multipartisme au lieu du monopartisme que le pays avait connu depuis qu'il était sous une dictature. L'objectif principal est de s'assurer que les militaires retournent à leurs casernes pour le jour de l'Armée, le 20 janvier 1992. Ceci donne une période de 2 mois pour préparer et diriger des élections libres et honnêtes, selon les principes démocratiques, dans un pays avec une population d'au-delà de 8 millions d'habitants, dont 4 millions de votants, 80% en milieu rural, et dont la grande majorité sont analphabètes.

Si on compare l'ampleur de ce projet avec les préparatifs d'autres pays dans de telles circonstances on peut facilement dire que c'est un projet de grande envergure considérant les moyens dont le pays dispose.

Lors de notre projet de juin 1991 âpres avoir bien examine la situation nous avions fait des recommandations. Certaines étaient d'ordre général et d'autres étaient reliées a l'assistance financière que les Etats-Unis pourraient considérer pour ce projet.

En ce qui concerne les recommandations d'ordre général j'ai note que la majeure partie de celles-ci avaient été exécutées, surtout grâce aux contributions des bailleurs de fonds; l'assistance des Etats-Unis a aussi été fournie avec certaines modifications.

L’organisme qui a la responsabilité de la conduite des élections est le Ministère de l'Administration Territoriale ou le Ministère de l'Intérieur comme on l'appelait autrefois. C'est le modèle français de gouvernement centralise.

C'est le Directeur National de l'Administration Territoriale, M. Mousse Guindo et M. A. Niang, son adjoint pour ce projet, qui est aussi charge de la section "Etat Civil", qui sont en charge du projet à Bamako. Les sept Directeurs régionaux et leurs adjoints (commandants de cercles, chefs d 'arrondissements) sont responsables des élections en dehors de Bamako toujours sous la direction de l'Administration Territoriale.

Au niveau central c'est un changement majeur à gérer et les ressources humaines qualifiées ne sont pas nombreuses; on m'a dit qu'il y avait des gens qualifies dans les domaines de l'état civil et du recensement, mais a part messieurs Guindo et Niang je n'en ai pas rencontre d'autres avec l'expérience des élections.

Afin de pouvoir suivre de prés le déroulement des préparatifs pour les opérations référendaires et électorales une commission de pilotage (steering committee) a été formée qui se réunit a tous les samedis; ces réunions sont d'ordinaire présidées par le Ministre de l’administration Territoriale et d’autres ministres Y assistent selon les items a l'ordre du jour. Tous les cadres principaux assistent a ces reunions; a celles ou j'ai assiste je crois que nous étions 35 autour de la table. C'est la meilleure façon de coordonner l'information mais ca m'a paru passablement long du en grande partie au manque d'expérience de la majorité des participants. Le nombre de partis politiques, 47, dont i1 est fait mention dans ce rapport semble catastrophique a première vue mais il y en a un bon nombre, la grande majorité, qui ne sont que des « groupuscules ». Du point de vue idéologique il n'y a pas de grandes différences entre tous les partis. C'est au niveau des programmes qu'on enregistre des nuances. La plupart des partis n’ont une certaine influence que dans les centres urbains parmi les intellectuels (enseignants et autres), mais très peu dans les masses populaires. Jusqu'a présent, a notre connaissance il n'y a qu'un candidat d'officiellement nomme et il s'agit de Me Demba Diallo; il est président de l'Association des droits de l'homme, avocat malien internationalement connu et président de I'UFD, l'Union des forces démocratiques qui est un des partis en lice parmi les 47.

J'ai la conviction qu'avec l'engagement démontre par le président Toure et le CTSP (Comite de Transition pour le Salut du Peuple) et leur gouvernement de transition ainsi que la volonté du peuple pour un changement que le Mali va s'élire un gouvernement démocratique; c'est cependant un changement majeur dans la vie des gens. Je doute que la population soit bien au courant de ce qui lui arrive mais elle semble prête à participer à ce changement dans l'espoir d'améliorer son sort.

La veille de mon depat j'apprenais que la conférence tant attendue sur le Nord, et la question des Touaregs, qui devait avoir lieu le 15 novembre 1991 était reportée au 27 décembre 1991. C'est le Président Toure qui a annonce cette nouvelle lors d'un message a la TV; la raison est que les partis en cause ne sont pas prêts. Il faut espérer que ce changement n'aura pas de répercussions sur l'échéancier électoral.

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